Programme des séminaires du laboratoire
(toujours 14h00 salle Noizet, 6ème étage)


Les séminaires du LPS ont pour objectif de :

- Promouvoir des échanges autour de travaux scientifiques extérieurs abordant des thématiques proches ou voisines de celles traitées par le LPS.

- Diffuser et partager une information sur les thèmes et les travaux propres au LPS contribuant à la réflexion critique sur les orientations des projets de recherche en cours ou en phase préparatoire au sein du laboratoire.


Ils s'articulent autour de quatre types de rencontres :

- Des conférenciers extérieurs au laboratoire abordant des sujets variés et de portée générale pouvant intéresser l'un ou l'autre des axes thématiques du LPS (Axe 1 : Recherches théoriques et méthodologiques : représentations sociales, engagement, variables psychologiques et contextes sociaux et Axe 2 : Problématiques sociétales et applications) ;

- Des conférenciers membres titulaires du laboratoire présentant leurs travaux actuels dans le but d'une réflexion critique sur leur problématique, leurs résultats ou leurs orientations scientifiques ;

- Des conférenciers doctorants du LPS en fin de thèse désirant exposer leurs travaux et les soumettre à l'analyse critique ;

- Un conférencier extérieur au laboratoire abordant une thématique externe au champ disciplinaire du LPS dans un objectif d'ouverture pluri-disciplinaire.

La fréquence des séminaires est d'environ de deux par mois de novembre à juin (soit entre 8 et 14 conférenciers) avec une majorité de conférenciers extérieurs (entre 5 et 10).
Les conférences sont planifiées par Jean-Claude Abric et Patrick Rateau sur proposition des membres du laboratoire.

Le programme des séminaires pour l'année 2011-2012 est le suivant :

25 novembre :
Thémis Apostolidis
LPS (Laboratoire de Psychologie Sociale)
Aix-Marseille Université

Perspective temporelle et contexte social : une approche sociocognitive

L’étude des relations entre construits psychologiques et comportements sociaux dans le domaine de la santé ou de l’environnement constitue un champ de recherche en plein essor en psychologie. Dans l’étude de ces relations, peu ou pas de place est laissée à la prise en compte du contexte social. En s’appuyant sur le regard psychosocial, nous allons questionner le rôle et la nature de la Perspective Temporelle qui constitue une « variable psychologique fondamentale », au coeur des développements récents de recherches dans ce champ, notamment en psychologie de la santé. Notre démarche mobilise les deux écoles sociocognitives de la psychologie sociale francophone : celle des représentations sociales et celle de l’approche socio-normative. Notre hypothèse sur le caractère sociocognitif de ce construit sera discutée à partir d’un programme pluri-méthodologique de recherches développées au sein du LPS sur la Perspective Temporelle Future (dynamiques socio-représentationnelles et rôle de la PTF dans les usages contemporains de cannabis ; PTF et valorisation sociale dans des situations d’auto-présentation et de jugement d’autrui).

2 décembre :
Thierry Meyer
LPCC (Laboratoire de Psychologie Sociale des comportements et des cognitions)
Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Perspective temporelle, affect et habitudes : illustrations à propos de décisions dans le champ de la consommation, de la santé et de l’environnement

L'anticipation de gains ou de pertes futures est une question centrale dans la prise de décision et le changement de comportement. La théorie des niveaux de construit (CLT ; Trope & Liberman, 2010) prédit que nous sommes plus sensibles aux attributs concrets plutôt qu'abstraits si nous devons juger un événement ou un objet au regard d'une échéance à court terme plutôt que distante dans le temps. Notre programme de recherche examine le rôle modérateur des habitudes et des affects anticipés dans le champ de la consommation, de la santé et de l'environnement.

16 décembre :
Alain Somat LAUREPS
Laboratoire Armoricain Universitaire de Recherche en Psychologie Sociale
Université de Haute Bretagne-Rennes 2

De l’applicabilité à l’application : les formations par la clairvoyance normative à l’insertion professionnelle des chômeurs longue durée


L’objet de cet exposé sera d’illustrer une démarche d’ingénierie psychosociale par la présentation de travaux menés à la fois en laboratoire et sur le terrain en vue de mettre au point puis d’évaluer une formation destinée aux chômeurs longue durée.
Partant de quelques considérations sur la recherche applicable et la recherche appliquée nous présenterons un modèle d’action que nous avons appelé l’ingénierie psychosociale et cognitive (Pansu, Py et Somat, 2011). Cette démarche sera illustrée par la présentation d’un programme de recherche portant sur la mise au point d’une formation à la clairvoyance. Nous verrons que cette élaboration nous a conduit à réaliser d’abord des travaux en laboratoire sur l’estime de soi des chômeurs longue durée, l’internalité et la clairvoyance normative pour ensuite construire une formation évaluée dans le cadre d’une recherche de terrain. Ainsi, de l’applicabilité à l’application de la recherche, il y a souvent davantage que la simple mobilisation de résultats issus de nos laboratoires. La recherche de solutions pertinentes pour un contexte donné nécessite la plupart du temps une démarche itérative entre laboratoire et terrain d’application pour ciseler une solution adaptée et efficace.

6 janvier :
Renata Lira Dos Santos Alessio
LPS (Laboratoire de Psychologie Sociale)
Aix-Marseille Université

Représentations sociales de l’embryon humain : une approche comparative Brésil/France

L'embryon humain in vitro est aujourd’hui au centre d’une multitude de préoccupations : personnelles, familiales, scientifiques, sociales, politiques et éthiques. La manipulation de l’embryon humain dans le cadre de la recherche scientifique constitue aujourd’hui une question focale et polémique au Brésil et en France. En s’appuyant sur la théorie des représentations sociales, nous nous intéressons à savoir comment les éléments contextuels façonnent la construction de l’embryon humain en tant qu'objet social. Nous avons entrepris un programme de recherches pluri-méthodologique afin d’étudier la production et l’actualisation des représentations concernant l’embryon humain et la recherche sur l’embryon humain en fonction des différentes dimensions contextuelles d’ordre cognitif et social au Brésil et en France. Ce programme s’inscrit dans une approche multi-niveaux des représentations sociales dont l’enjeu théorico-méthodologique est l’étude des phénomènes représentationnels dans différents lieux de production et d’actualisation (formation des savoirs et des attitudes, communications sociales, pratiques institutionnelles ; situations de naturalité et situations provoquées d’expression des représentations). Nous discuterons l'ensemble des résultats afin de montrer l’intérêt heuristique de l’approche des représentations sociales dans les approches comparatives en psychologie sociale et dans l’analyse des problématiques sociétales contemporaines, notamment dans le champ de la bioéthique.


20 janvier - Séminaire à Nîmes - :
Elisabeth Michel-Guillou

CRPCC (Centre de Recherche en Psychologie Cognition et Communication)
Université de Bretagne Occidentale, Brest


Représentation et gestion de problématiques environnementales globales auprès de populations locales

Cet exposé vise à rendre compte de diverses recherches menées dans le cadre de l’étude du rapport de l’homme à son environnement. L’ensemble de ces recherches a pour objectif d’appréhender la manière dont des populations (consommateurs, habitants, agriculteurs, gestionnaires de l’eau…), spécifiques et locales, se représentent certaines problématiques environnementales (ressource en eau, changement climatique, problèmes littoraux…). Comment elles les gèrent et/ou comment elles s’en accommodent dans leur quotidien, si tant est que ces problèmes soient identifiés comme tels par ces populations ? Ces problématiques environnementales ont parfois été appréhendées du point de du développement durable. En ce sens, il s’agit de montrer comment des acteurs locaux, en prise avec ces questions de durabilité, s’approprient ce concept global et comment, selon eux, ils le mettent en application.


3 février :
Christophe Demarque
Université de Toulouse 2-Le Mirail

Prise en compte des dimensions temporelles dans l’étude des problèmes environnementaux : une approche psychosociale


Une série de travaux récents semble indiquer que le rapport au temps qu’entretiennent les individus influence la façon dont ils appréhendent les problématiques environnementales. Après être revenu sur l’intérêt de cet angle d’approche, nous discuterons du statut théorique de la Perspective Temporelle (PT), concept central pour étudier le rapport au temps en psychologie sociale. Nous tenterons de montrer que l’effet du rapport au temps sur l’adoption de comportements pro-environnementaux est un effet contextualisé, dépendant des enjeux sociaux associés à la situation. Cet angle d’approche de l’expérience temporelle est assez peu exploré dans la littérature, alors que c’est justement cette nécessaire prise en compte du contexte qui fonde l’approche psychosociale et la distingue d’une approche plus différentialiste. Afin d’illustrer cette position, nous présenterons une série de résultats empiriques visant à mettre en évidence le caractère dynamique et socialement inscrit de la relation entre rapport au temps et rapport à l’environnement.


9 mars :
Ludovic Gaussot
GRESCO (Groupe de Recherches et d’Etudes Sociologiques du Centre-Ouest)
Université de Poitiers


Les usages sociaux de l’alcool au prisme du genre

Les recherches que je mène actuellement sur l’expérience de l’alcoolisme, comme expérience genrée, subjective et objective, profane et savante, prolongent des recherches plus anciennes sur la construction sociale de la norme et de la normalité en matière de consommation d’alcool, et s’effectuent à la rencontre de plusieurs axes conçus initialement de façon indépendante. L’axe de mes recherches sur les usages sociaux de l’alcool croise maintenant celui, plus récent, sur le genre et les rapports sociaux de sexe, qui portait initialement sur la genèse des problématiques de sexe dans les sciences sociales, mais également une préoccupation plus ancienne à l’égard de la construction des catégories cognitives tant savantes qu’ordinaires et leur articulation avec l’expérience vécue, la position sociale. Réintroduire le genre dans ces analyses permet d’étudier les grandes différenciations et oppositions qui opèrent au niveau des modèles de consommation, des normes de comportement et d’identité, des représentations de l’alcoolisme mais aussi, au-delà, de ce que sont un homme et une femme qui se respectent.

23 mars :
Alain Legardez, Nicole Lebatteux, Angela Barthes, Cécile Rekassa, Agnieszka Jesiorki
UMR P3 ADEF (Apprentissage, Didactique, Evaluation, Formation)
Aix-Marseille Université / Institut National de Recherche Pédagogique


L’étude des représentations sociales dans une perspective éducative et didactique

Des travaux ont été menés, particulièrement par notre équipe de l'UMR ADEF, sur l'utilisation de l'analyse des représentations sociales dans une perspective éducative et didactique. Ces études ont d'abord porté sur les enseignements économiques (Vergès et Legardez), puis sur des "questions socialement vives" (Legardez et Simonneaux) comme l'entreprise et le travail (Lebatteux), la mondialisation (Legardez et al.), l'incertitude et le risque (Legardez et Valente). Actuellement, des recherches étudient des RS sur des questions liées au développement durable (DD) et à l'éducation au développement durable (EDD) dans différents niveaux d'enseignement (Legardez et al., Barthes, Lebatteux) et dans des comparaisons internationales (Jeziorski). D'autres travaux ont porté sur les représentations sociales des métiers de l'enseignement (Legardez) ; une recherche sur les RS du métier de professeur des écoles est actuellement en cours chez des étudiants en formation initiale (Rekassa).
La communication présentera notre problématique (partiellement spécifique) qui sera illustrée par quelques résultats des recherches de notre équipe.


6 avril :
Stéphane Rusinek
Laboratoire PSITEC (Psychologie : Interactions, Temps, Emotion, Cognition)
Université Charles de Gaulle-Lille 3

Emotion et mouvement : recherche fondamentale et application clinique


Nous nous intéresserons à la possibilité d’induire des processus de traitement émotionnels par la présentation d’objets en mouvement et à l’application de telles procédures en thérapie. Nous reviendrons sur un travail de plusieurs années qui a permis à notre équipe d’isoler des mouvements simples, susceptibles d’induire des processus émotionnels influençant des traitements cognitifs élémentaires. Nous montrerons que certains mouvements semblent associés à la mise en oeuvre de processus émotionnels identiques à ceux induits par des émotions positives et d’autres par des émotions négatives et nous tenterons d’expliquer pourquoi.
Seront alors évoqués les applications cliniques possibles comme, par exemple, l’amélioration d’exercices de désensibilisation d’une phobie par la mise en mouvement spécifique de l’objet phobogène.


20 avril :
Sandrine Depeau
UMR ESO (Espaces et Sociétés), CNRS
Université de Rennes 2

Les mobilités à l’épreuve de la durabilité urbaine : entre restauration des identités et différenciations socio-spatiales


Au coeur de l’articulation des mobilités quotidiennes et résidentielles des ménages, se situent inévitablement les déplacements et le bien-être des enfants. Qu’il s’agisse des navettes scolaires, des choix de loisirs, et d’espaces ressourçant pour la famille, dans un contexte d’étalement urbain et d’inflation du foncier, la mobilité des enfants constitue un analyseur opératoire pour comprendre les enjeux et les transformations des formes d’habiter mais également pour saisir les nouvelles formes de mobilités et les processus psychologiques et socio-spatiaux qu’elles sous-tendent.


11 mai :
Paola Castro Paola CASTRO
ISCTE-Instituto Universitário de Lisboa
Université de Lisbonne (Portugal)

The normative value of ecological ideas and practices: self-presentation and hetero-judgement

In our days there are in European Union member states many sustainability laws. These formal laws will only be totally effective if they become in time also informal norms. Several processes need to intervene for this to happen. The acquisition of “normative status” by ideas and actions linked to the laws is one such process. The notion refers to the fact that in order to be seen as a valuable member of a given society individuals must express certain ideas and actions. Those ideas and actions - used for positive self-presentation but also hetero-evaluation - are the ones with normative value. Thus, one way of assessing, at a certain point in time, the social value of the ideas and actions promoted by the new sustainability laws is by examining how they are used for self-presentation and hetero-evaluation. I will present two studies examining (in Portugal) self-presentation by means of pro-ecological ideas and practices (one on resource conservation and one on biodiversity protection); and two studies examining hetero-evaluation on the same dimensions. I will compare the normative value of ideas and practices in the two domains (resource conservation and biodiversity protection), and discuss whether or not today there is still a moratorium shielding from disapproval those showing belief/behaviour inconsistency.




25 mai :

Sylvia Krauth-Gruber, Virginie Bonnot, & Ewa Drozda-Senkowska
LPM (Laboratoire de Psychologie des Menaces sociales et environnementales)
Université de Paris-Descartes

Ressentir une émotion au nom de son groupe : déterminants et conséquences des émotions collectives pour les relations intergroupes et le rapport à l’environnement


Ces dernières années ont vu l’étude du rôle des émotions collectives, dont la culpabilité collective, dans les relations intergroupes renouvelée. La culpabilité collective se réfère au fait de regretter la façon dont les membres de son groupe traitent ou ont traité par le passé un autre groupe ou son environnement. Se sentir coupable pour ce qu’a fait son groupe pousse les individus à agir pour réparer les torts commis (e.g., en présentant des excuses, en s’engageant dans des comportements plus écologiques), et/ou rétablir l’égalité (e.g., en soutenant des politiques de redistribution des richesses). Ces actions sont importantes pour établir/rétablir et maintenir des relations intergroupes plus harmonieuses et apaisées, ou un rapport plus respectueux avec son environnement.
Les recherches présentées concerneront le rôle des émotions collectives, dont la culpabilité, dans le cadre de :
- La colonisation Française en Algérie. Il sera notamment question du contexte normatif en faveur d’une non repentance et les conséquences sur les relations intergroupes actuelles en France (i.e., niveau de préjugé à l’égard des Français d’origine Algérienne).
- La pauvreté. Il sera notamment question de la responsabilité perçue dans le maintien d’un statu quo désavantageux pour les membres de groupes défavorisés, et la possibilité de ressentir de la culpabilité pour ce qui n’est pas fait pour réduire les inégalités sociales.
- L’écologie et le réchauffement climatique. Il sera notamment question des stratégies mises en place pour faire-face à cette menace environnementale.

8 juin :
Christine Mias
CREFI-T (Centre de Recherches en Education, Formation et Insertion de Toulouse)
Université de Toulouse 2-Le Mirail

L’implication professionnelle : un outil pour la compréhension des attitudes professionnelles

L’objectif de cette présentation est de montrer en quoi une modélisation de l’implication professionnelle peut venir expliquer les différentes attitudes repérées sur les terrains professionnels. Dans un souci d’explicitation des processus de professionnalisation, cette grille d’intelligibilité met en avant trois dimensions constitutives :
- Le sens que les acteurs donnent à leurs conduites (sens, signification, mises en lien) ;
- Les repères sur lesquels ils s’appuient pour guider leurs actions (Patrimoine mémoriel / Identités / Représentations professionnelles) ;
- Le sentiment de contrôle (perception ou non-perception par les gens de l’existence d’un lien entre leur comportement et un renforcement subséquent).
Quelques pistes de réflexion seront proposées avec, notamment, la question du traitement des émotions dans cette construction sociale.
L’analyse multidimensionnelle des résultats d’enquête sera présentée comme la méthodologie privilégiée dans cette démarche.


22 juin :
Pablo BRIÑOL
Universidad Autónoma de Madrid

How Different Emotions Can Change and Validate our Mind

Although we might like something more when we smile (vs. frown) or when we nod our heads (vs. shake), it is important to understand the processes responsible for these changes in evaluation. After describing the basic processes underlying embodied change, I will highlight the role of a recently discovered meta-cognitive process (called self-validation) by which bodily responses can also validate or invalidate (instead of changing) our thoughts. I review research revealing that this new mechanism can account for some already established outcomes in embodied persuasion (e.g., more persuasion with smiling than frowning), but by a different process than postulated previously (smiling increases confidence in thoughts), as well as for some new findings (e.g., more persuasion for frowning than smiling). In addition to the research on happiness, I will describe another line of research that has replicated these effects by inducing other emotions related to confidence, such as anger, and disgust. Anger is a multi-faceted emotional state that is associated with feeling unpleasant as well as a sense of confidence. Across studies, I will show that when anger follows thought generation, thoughts can be used more or less depending on which aspect of anger is dominant. People will use their thoughts more when confidence dominates (cognitive mindset) but less when unpleasantness dominates (affective mindset) compared to when not angry.